2011, UNE ANNEE DE RANDONNEES PEDESTRES HORS DU COMMUN
L'auteur, au sommet du Hohneck (alt. 1366 m, octobre 2011) !
Ma toute première randonnée hivernale dans les Hautes-Vosges : le Tanet !!!
2011 se termine enfin et 2012 est déjà bien entamée, depuis près d'une quinzaine de jours déjà (mine de rien, le temps passe très vite ... ). Les conditions météorologiques épouvantables de ce début d'année 2012 ne m'ont malheureusement pas permis d'effectuer de nouvelles pérégrinations forestières et montagnardes. Même le mois de décembre 2011, fut catastrophique, météorologiquement parlant ... Ceci ne m'a pourtant pas empêché, de vivre une année 2011 exceptionnelle et particulièrement faste, en terme de randonnées pédestres naturelles et sauvages ! Pour cette année là, j'avais mis un point d'honneur, à découvrir plus profondément et en détails, les merveilles cachées des Hautes-Vosges, sises à cheval sur trois départements (à savoir : le Haut-Rhin 68, les Vosges 88 et le Territoire de Belfort 90 ... ). La majeure partie du massif des Hautes-Vosges est située en territoire alsacien, dans le département du Haut-Rhin (numéro : 68). La ligne de crête principale, courant du Brézouard au Nord (alt. 1228 m), au Grand Ballon au Sud (alt. 1424 m, soit l'Everest des Vosges ! ), fait office de frontière naturelle, entre les régions Alsace et Lorraine. Une seconde ligne de crête, située un peu plus à l'Ouest et séparée par la plus grande vallée des Hautes-Vosges (celle de Thann, avec la rivière de la Thur), court du col routier de Bramont au Nord (alt. 965 m), au Ballon d'Alsace au Sud (alt. 1247 m), en passant par les trois massifs du Ventron (1204 m), du Drumont (1200 m) et du Ballon de Servance (1216 m), ainsi que par les deux cols routiers d'Oderen (884 m) et de Bussang (727 m) ! La ligne de crête principale, quant à elle, se révèle beaucoup plus tortueuse, mouvementée, pour ne pas dire, accidentée : en partant du Nord (au niveau du Brézouard), celle-ci égrène un chapelet de sommets mythiques, aux noms prestigieux ... Dans l'ordre de passage, je peux citer, parmi les plus remarquables, les suivants :
- 01° GAZON DU FAING (alt. 1306 m)
- 02° TAUBENKLANGFELSEN (alt. 1299 m)
- 03° GAZON DE FAÎTE (alt. 1302 m)
- 04° TANET (alt. 1292 m)
- 05° WURZELSTEIN (alt. 1286 m)
- 06° TROIS-FOURS (alt. 1230 m)
- 07° HOHNECK (alt. 1366 m)
- 08° KASTELBERG (alt. 1350 m)
- 09° RAINKOPF (alt. 1305 m)
- 10° ROTHENBACHKOPF (alt. 1316 m)
- 11° BATTERIEKOPF (alt. 1311 m)
- 12° SCHWEISSEL (alt. 1271 m)
- 13° JUNGFRAUKOPF (alt. 1268 m)
- 14° MARKSTEINKOPF (alt. 1241 m)
- 15° STORCKENKOPF (alt. 1368 m)
- 16° GRAND BALLON (alt. 1424 m)
Il est par ailleurs à noter, qu'au niveau du Markstein (la plus grosse station de ski du massif vosgien, accessible aussi bien depuis Guebwiller et la vallée de la Lauch à l'Est, que depuis Thann et la vallée de la Thur à l'Ouest), il existe une troisième ligne de crête sommitale, certes plus petite, mais tout aussi intéressante, par son caractère alpestre et par ses somptueux panoramas. Celle-ci court en balcon, au-dessus de l'arrière-vallée de Munster (la Fecht) et se termine en apothéose, au site de ski ultra réputé, du Schnepfenried (alt. 1070 / 1258 m). La ligne de crête sommitale culmine au sauvage Klintzkopf (alt. 1330 m, soit le cinquième sommet vosgien ! ) et se poursuit, respectivement par le Lauchenfeldkopf (1290 m), le Lauchenkopf (1314 m), le Hilsenfirst (1280 m), ainsi que par le Petit Ballon (ou Kahlerwasen, alt. 1272 m, dominant fabuleusement, le vignoble haut-rhinois, ainsi que la vaste plaine rhénane, entre Colmar et Mulhouse).
La ligne de crête principale est desservie par la très pittoresque route des crêtes vosgiennes. Elle prend naissance au Nord, au col routier des Bagenelles (alt. 905 m, dominant la vallée de Sainte-Marie-aux-Mines, ainsi que le passage très fréquenté du Bonhomme) et se termine au Sud, au niveau de Thann et de Cernay (lieu du débouché de la vallée de la Thur, avec la plaine mulhousienne). Au total, cette route tortueuse, très dure et sauvage par endroits, fait quelque 75 kilomètres de longueur : pas mal ! Emprunter cette route en voiture constitue un enchantement pur, que les motards sauront encore beaucoup plus apprécier ... Les découvertes exceptionnelles se succèdent à la chaîne, les unes après les autres, sans temps morts ! Les panoramas spectaculaires sont légion, du Nord au Sud : la vallée de Kaysersberg, Le Valtin, le Lac Vert, la vallée de Munster depuis le col de la Schlucht, le cirque du Frankenthal depuis les Trois-Fours, la Wormsa depuis le Hohneck, les lacs de Gérardmer, La Bresse, le barrage et le lac de Kruth-Wildenstein, le Jura Suisse et enfin, les Alpes Bernoises ! En été, période de haute affluence, le trafic est très dense, parfois difficile (tourisme oblige). En hiver, par contre, la majeure partie de cette route des crêtes est fermée à toute circulation motorisée (hautes neiges et verglas, risques d'éboulements et d'avalanches obligent ! ). Seuls les grands cols routiers sont accessibles et dégagés (les pneus neige sont heureusement admis, les chaînes ne sont que recommandées mais pas obligatoires). Puis, seule la portion allant du col de la Schlucht au pied du Hohneck, s'avère alors carrossable aux voitures ... Là aussi, les pneus neige sont obligatoires, les contrôles routiers étant très réguliers et particulièrement sévères (il y a déjà eu de tragiques accidents, causés par des conducteurs indélicats et peu scrupuleux, qui n'étaient pas chaussés de pneus adéquats ! ). Hormis la route des crêtes, d'autres secteurs routiers sont touchés par des fermetures hivernales (décidées par arrêtés préfectoraux ! ) ; voici les principaux que je connais à ce jour :
- 01° Col des Bagenelles / Col du Bonhomme (route des crêtes)
- 02° Col du Calvaire / Col de la Schlucht (route des crêtes)
- 03° Le Chitelet / Breitfirst (route des crêtes)
- 04° Schnepfenried / Breitfirst
- 05° Markstein / Grand Ballon (route des crêtes)
- 06° Col de Bramont / Chaume du Grand Ventron
- 07° Montée par route forestière au Drumont
- 08° Thann / Col du Hundsrück / Bourgbach
- 09° Lac d'Alfeld / La Gentiane (Ballon d'Alsace)
Les crêtes des Hautes-Vosges, dégarnies pour une très grande majorité (sans végétation arborée), sont le royaume des éléments en furie, du temps aussi changeant qu'imprévisible, des horizons panoramiques sans fins ni limites, des chaumes riches en callunes (bruyères) et en myrtilles sauvages, etc. Dernier étage du massif vosgien, l'étage des hautes-chaumes débute à environ 1200 mètres d'altitude et culmine au niveau du Grand Ballon et du haut de ses 1424 mètres d'altitude (anciennement, le site était également dénommé Ballon de Guebwiller). Au jour d'aujourd'hui, ce sommet incontournable des Hautes-Vosges se voit coiffé d'un affreux radôme militaire, faisant néanmoins office de merveilleux belvédère panoramique, circulaire sur 360 degrés ! C'est au pied de ce sommet de légende, terre de toutes les convoitises et de toutes les conquêtes d'antan, que la route des crêtes atteint son point le plus élevé, à quelque 1343 mètres, avec une vue époustouflante sur les Alpes Suisses (par temps propice, uniquement ! ). Le massif des Hautes-Vosges présente sur son versant oriental (alsacien), des pentes abruptes, excessivement accidentées et sauvages, dont les multiples replis cachent de merveilleux cirques glaciaires (exemples : le Forlet, le Missheimle, le Frankenthal, le Wormspel, l'Altenweiher, etc). C'est le domaine de prédilection des chamois, qui ont été réintroduits dans le massif avec un succès retentissant (et ce, malgré la fréquentation plutôt élevée et régulière de ces montagnes, par la race humaine ... ). Les chamois affectionnent tout particulièrement le secteur du Hohneck, où l'on aura le plus de chances de pouvoir l'observer, au milieu de son élément favori : les aériens rochers granitiques, tels la Martinswand, les Spitzkoepfe, le Rainkopf, le Rothenbachkopf, etc ! Très craintif et discret en journée, le chamois remonte sur les crêtes une fois le soir venu, juste avant le coucher du soleil, afin de brouter l'herbe drue des chaumes en toute quiétude (idem tôt le matin, au lever du soleil ... ). Le versant occidental (Ouest), quant à lui, présente des pentes plus douces, orientées du côté de l'océan et du département des Vosges (région Lorraine). C'est le versant le plus humide du massif, celui qui subit en premier, les caprices océaniques (avec son lot de vent, de pluie et surtout, de neige en hiver ! ). Le climat très humide des Hautes-Vosges a permis aux tourbières, de se développer, pour former une forme de faune et de flore tout à fait unique en son genre. Les plantes carnivores (droséras), la linaigrette, les sphaignes ainsi que les canneberges s'y trouvent sans aucune difficulté : il suffit juste de se baisser un peu, afin de les admirer (ne surtout pas les arracher ou les cueillir, car les tourbières constituent des endroits naturels et sauvages très sensibles, fragiles et sévèrement protégés ! ). Parmi les plus belles tourbières des Hautes-Vosges, je peux citer les suivantes : le Gazon du Faing (la plus grande ! ), Missheimle, Frankenthal, Machais, Lispach et le Rossely ! Très arrosées, les Hautes-Vosges sèchent cependant très vite, lorsqu'il fait beau plusieurs jours d'affilée ... Le vent permanent n'y est sans doute pas étranger, même si desfois, ce dernier se montre très faible. En hiver, les températures peuvent parfois plonger au-delà des -20°C alors qu'en été, elles ne dépassent qu'exceptionnellement, la barre des +20°C ! Les tempêtes y sont aussi soudaines que redoutables, avec des rafales pouvant dépasser les 200 km/h et des orages dévastateurs, extrêmement dangereux. Les cirques glaciaires situés sur le versant alsacien, peuvent être la scène de très dangereuses avalanches et ce, même si l'altitude peut prêter à sourire (les secteurs les plus accidentogènes étant les suivants : le Forlet, le Frankenthal, le Wormspel, l'Ammelthal, les Spitzkoepfe, ou encore, le Rothenbachkopf ... ). Quant au record d'enneigement absolu, on parle de plus de 3 mètres, aussi bien au Hohneck qu'au Ballon d'Alsace : info à confirmer ou non, selon les avis éclairés et avisés des habitants du massif ! La pratique du ski de fond est parfaitement envisageable en saison hivernale, tout comme celles de la raquette et même, par enneigement suffisant, du ski alpin, de descente. Les principales stations de ski des Hautes-Vosges sont :
- 01° La Bresse / Hohneck / Kastelberg
- 02° Le Markstein / Jungfraukopf / le Treh
- 03° Le Schnepfenried / Platzerwaesel
- 04° Ventron et l'Ermitage du Frère-Joseph
- 05° Le Ballon d'Alsace et la Gentiane
- 06° Le Tanet / Seestaettle
- 07° Le Lac Blanc / Gazon du Faing
- 08° Le Grand Ballon / Molkenrain
- 09° Le Thanner Hubel (très confidentiel)
Mais les Hautes-Vosges sont également, le royaume de la bonne bouffe, avec de copieuses et succulentes spécialités montagnardes ... Lors de mes différentes pérégrinations pédestres dans ces montagnes d'exception, j'ai eu l'occasion de goûter et de tester une par une, chacune des spécialités culinaires, de ces montagnes vosgiennes ! Très travailleur, l'aubergiste-fermier vosgien a besoin de beaucoup d'énergie et de force et c'est pour cela, qu'il prépare des mets particulièrement lourds, mais ô combien délicieux, savoureux ! Autant vous le dire tout de suite : il ne faut pas avoir l'estomac fragile et la digestion difficile, en venant dans les Hautes-Vosges, dans le seul but d'y manger ... Parmi toutes les spécialités gastronomiques des Hautes-Vosges, je peux citer les suivantes, excellentes et que j'ai franchement adorées, que j'ai eu au moins une fois, l'opportunité d'essayer :
- 01° Le collet fumé et les roïgebradeldis (patates cuîtes sur braises)
- 02° La tourte à la viande, de la vallée de Munster
- 03° Le gratin dauphinois au Munster (régal du chaumiste)
- 04° La tarte aux myrtilles de montagne
- 05° La planche de lard et de fromages montagnards aux graines de cumin
- 06° Le bargkass et le siasskass (fromage blanc au kirsch)
Enfin, pour clore en beauté cette description détaillée des Hautes-Vosges, je n'oublierai pas de préciser, que depuis beaucoup de sommets dégarnis, il vous sera possible de contempler de très vastes horizons panoramiques (les panoramas circulaires sur 360 degrés se comptent à la pelle ! ). Les plus remarquables panoramas s'offriront aux cardinaux Est et Sud ... A l'Est, vous dominerez la plaine alsacienne entre Colmar et Bâle, ainsi que la ligne bleutée de la Forêt-Noire allemande (point culminant sis au Feldberg, au-dessus de Freiburg-in-Breisgau : 1493 mètres ! ). Au Sud, vous aurez d'éventuelles chances, pour apercevoir le plateau jurassien, entre Bâle et Montbéliard et même, par temps extrêmement dégagé et clair, les extraordinaires Alpes Suisses de l'Oberland Bernois (sommets d'anthologie, tels l'Eiger, le Mönch, la Jungfrau, ou encore, le Finsteraarhorn ! ) et l'immortel Mont-Blanc (altitude maximale de 4807 mètres, qui à lui seul, constitue le toit de l'Europe !!! ).
A TOUTES ET A TOUS, ENCORE UNE FOIS :
BONNE
ET HEUREUSE ANNEE 2012
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
