Partager l'article ! 22 / 05 / 2010 : RANDO DANS LES HAUTES-VOSGES.: CIRCUIT CIRCULAIRE DU WORMSPEL ET DES SPITZKOEPFE ...
PASSION NATURE : VOSGES & PALATINAT
CIRCUIT CIRCULAIRE DU WORMSPEL ET DES SPITZKOEPFE
Avec l'arrivée des beaux jours (enfin, il était vraiment grand temps, après un début de mois de mai exécrable, particulièrement moche ! ), j'ai décidé, de me retaper une bonne grosse rando circulaire, dans les Hautes-Vosges haut-rhinoises (département 68, que je commence à fréquenter, depuis seulement une année ... ). En ce samedi 22 mai 2010, l'astre solaire est au rendez-vous, je n'en crois pas mes yeux : quand je pense que le reste de la semaine fut si mauvais, si frais et pluvieux, venteux ... C'est incroyable, mais pourtant bien réel ! Je me lève aux alentours de 8H30, encore bien KO de ma très longue semaine de travail, accomplie à Strasbourg ... Le réveil est difficile, mais l'éclat du soleil m'incite à sortir des plumes plus promptement qu'à l'accoutumée ! Je suis encore dans les choux, pendant que je prends mon petit-déjeuner, je végète dans un semi-sommeil étrange et je pense déjà, à ce que je vais pouvoir faire comme randonnée aujourd'hui ... Ayant déjà étudié plusieurs circuits sur mes cartes de randonnée la veille, j'ai donc plusieurs idées qui me reviennent à l'esprit ; mon choix étant rapidement effectué en consultant la carte de randonnée, je choisis pour aujourd'hui, l'un des circuits parmi les plus difficiles, techniques et impressionnants, de tout le massif vosgien ! Je vais donc me lancer à l'assaut, des prestigieuses et hyper sauvages dentelles granitiques des Spitzkoepfe, en descendant d'abord, par la magnifique combe du Wormspel (coincée entre les massifs du Hohneck au Nord et du Kastelberg au Sud, altitudes respectives de 1366 et 1350 mètres ! ). Le circuit ainsi sélectionné par mes soins, s'annonce excessivement rude, pas de tout repos, pour mes jambes encore bien éprouvées, par cette infernale semaine de travail ... Mais bon, le soleil est enfin là, dehors, dans le ciel bleu azur : ça me motive comme jamais et ça me revigore comme un lion ! Je ne peux absolument pas rester cloîtré entre mes quatre murs, si tristes et muets, lorsqu'il fait si beau à l'extérieur ... C'est donc en toute logique, que je prépare tout mon barda, après avoir tranquillement pris mon petit-déjeuner ... Boissons énergisantes, barres de céréales, cartes de randonnée pédestre, appareil-photo chargé à bloc, chaussettes de rechange propres, K-Way en cas de pluie, sous-vêtements d'urgence, etc : je n'oublie strictement rien et je vérifie plutôt deux fois qu'une ! Il est environ 9H30, quand j'ai enfin terminé de me débarbouiller et de m'habiller convenablement. Le temps est désormais venu, pour mettre les voiles, vers le grand air des Hautes-Vosges, que j'affectionne tant et qui me procure tant de bienfaits ...
9H30 : c'est enfin l'heure pour moi, de quitter Mertzwiller et de prendre le cap, direction le Haut-Rhin (68) et les Hautes-Vosges ... Je vérifie au préalable, le bon état de mes pneumatiques (pression suffisante ! ) et j'embarque tout ce qu'il me faudra, afin d'effectuer le mieux possible ma randonnée, programmée pour cette belle journée printanière. Je quitte Mertzwiller, direction Haguenau, puis l'auroroute A4 et Strasbourg. Ca roule bien, je suis cool au volant et je ne dépasse jamais les 110 km/h (économie de carburant et ménagement de ma monture obligent ! ). Bien sûr, il y a toujours des bouffons qui collent au cul et qui font des appels de phares, mais je m'en fou éperdûment ! Moi, je tiens à mon permis et à mes 12 points, ça m'est vital ! Il est 10H15, quand je parviens à la zone, où la vitesse a été abaissée de 110 à 90 km/h (secteur Porte de Schirmeck jusqu'à Vigie ... ). Cette nouvelle baisse de la vitesse maximum autorisée, est censée diminuer les rejets de gaz carbonique (réel ! ) et de fluidifier le trafic (à confirmer sur du long terme ... ). Je me cale entre 85 et 90 compteur, dans la file du milieu, histoire de ne jamais perdre ma route ! Je ne rencontre aucun camion, c'est surprenant. Là aussi, comme d'habitude, il y a toujours des cons qui vous font des queues de poisson et qui trouvent que ça n'avance pas assez vite à leur goût ... S'ils sont pressés ces bougres de conducteurs, ils n'ont qu'à prendre le TGV ou l'avion, alors que peut-être ça ira beaucoup plus vite ! Arrivé au grand rond-point d'Innenheim vers 10H30 (l'éternel chaos de Strasbourg ! ), la circulation ralentit fortement et les voitures se font du derrière-au-derrière ... C'est énervant, mais ma forte musique dance et techno me fait oublier ces tracas routiers ! Ce ne sera qu'au bout de 5 km, que le trafic reprendra de la vitesse et se fluidifiera à nouveau ... Je passe, via l'autoroute A35, non loin d'Obernai, de Barr et de Sélestat. Ici, le revêtement devient très mauvais, dur et cassant, bruyant, insupportable : les anciennes plaques de béton de l'autoroute sont sacrément amochées (nids de poules énormes, fissures béantes, affleurements pointus redoutables et bas-côtés instables ! ). Je baisse ma vitesse de 110 à 90 km/h, afin de baisser significativement, les nuisances sonores perçues dans mon habitacle ! Je laisse les connards pressés, me dépasser et faire leurs zouaves ... Plusieurs d'entre eux se payent même les nids de poules, en plein dans les dents : ce sont leurs bagnoles qui trinquent, pas la mienne ; je la ménage moi et j'y tiens ! Sélestat dépassée, au bout de presque 90 km parcourus, je pénètre dans le département du Haut-Rhin, juste après l'aire autoroutière du Haut-Koenigsbourg (communes de Bergheim et de Guémar). Il est 11H15, quand je déboule sur le contournement Nord et Ouest de la cité de Colmar (préfecture du département du Haut-Rhin, au cas où vous ne le saurez pas encore ... ). J'ai déjà plus de 100 km au compteur et il m'en reste encore 50 autres à faire, via la vallée de Munster et le col routier de la Schlucht (altitude 1139 mètres) ... J'emprunte le nouveau contournement de Wintzenheim, pour déboucher sur un nouveau rond-point, idéalement conçu. Je poursuis ma route, beaucoup plus agréable et paisible désormais, sur la RD417, en traversant les communes de La Forge, Muhlele, Munster, Stosswihr et Soultzeren. A partir de là, la route commence à grimper durement et à prendre sérieusement de la hauteur : je remonte la luxuriante vallée de la Fecht, avec une infernale série de virages et de lacets (épingles à cheveux sévères ! ). Je bénéficie de superbes panoramas plongeants, sur la vallée et la cité de Munster ... Plus haut, juste avant la maison de cure de l'Altenberg (avenir menacé, car risque de fermeture définitive ! ), je suis freiné par un tracteur lympathique, qui se trimballe à seulement 20 km/h ! Dès que possible, je le dépasse, pour reprendre de la vigueur et atteindre ma vitesse de croisière sur cette pittoresque route de montagne, soit 70 km/h. Je passe sous l'Altenberg (attention, épingle serrée à droite dangereuse ... ) et sous l'arche de la Schlucht, pour déboucher finalement, sur le col routier du même nom (altitude : 1139 mètres). Au passage, je m'arrête juste, pour admirer l'effrayante vue plongeante, sur le sentier des roches, le Frankenthal et le Hohneck ! Centre touristique fondamental de la route des crêtes, le col de la Schlucht possède tout l'attirail, pour attirer et retenir les chalands : hôtels et restaurants, bars-buvettes, boutiques de souvenirs, aire de parcage pour les camping-cars, piste de luge en hiver et de bobsleigh en hiver, remontée mécanique vers les Trois-Fours, départ du célèbre sentier des roches, etc ! Les motos sont légion, ici (je les déteste ! ) ... Je délaisse au plus vite, cet endroit ultra bruyant et fréquenté, pour gravir la route des crêtes, direction le sommet panoramique du Hohneck et ses 1366 mètres (soit, le troisième sommet de toutes les Vosges ! ). Je n'hésite pas à tirer sur les rapports de boîte de ma voiture, histoire de la décrasser un petit peu ... Il est 11H45, quand je quitte le col de la Schlucht et midi sonnantes, quand je parviens à mon aire de stationnement fixée, à savoir, le parking de l'hôtel-restaurant du sommet du Hohneck (alt. 1366 m ; accès en voiture rendu possible, par une étroite route de montagne en lacets serrés et raides ... ). Le Hohneck m'est désormais très familier (j'adore son panorama, de pure folie, circulaire sur 360 degrés ! ). Je suis très pressé, à l'idée de débuter mon circuit pédestre ...
Je prends tout mon barda avec moi (tout est dans mon sac-à-dos ... ) et je referme ma voiture à clé. Il est désormais venue l'heure, de rentrer dans le vif du sujet : ma randonnée prévue dans le cirque glaciaire du Wormspel et sur les dentelles granitiques des Spitzkoepfe ! Je fais le tour de l'hôtel-restaurant du sommet du Hohneck (altitude : 1366 mètres ! ), afin de me remémorer le panorama d'exception que propose le troisième sommet vosgien ... Au cap plein Sud, j'aperçois le quatrième sommet vosgien, à savoir celui du Kastelberg (altitude à peine moins élevée, avec 1350 mètres ! ). Il s'agit là, de l'une des plus vastes chaumes sommitales, à travers toutes les Vosges (avec le Gazon du Faing plus au Nord et le Ventron plus au Sud). C'est entre les sommets du Hohneck et du Kastelberg, qu'il faudra que je descende, pour atteindre le collet du Wormspel (altitude : 1280 mètres). Je m'oriente donc au Sud, en pleine pente, en empruntant l'impressionnant sentier des névés (plus jaune à suivre). Sur ma gauche, dans le fond du cirque glaciaire du Wormspel, je distingue une grosse tâche bleue, correspondant au lac du Schiessrothried (altitude 930 mètres, soit près de 300 mètres de différence, tout de même ! ). Ce panorama plongeant, est absolument grandiose : le décor est quasiment alpin ! La descente au col du Wormspel est assez abrupte, les rocailles affleurantes sont très pointues et mettent chevilles et mollets à rude épreuve ... En une vingtaine de minutes, je déboule au col du Wormspel, coincé entre le Hohneck au Nord et le Kastelberg au Sud. Maintenant, je dois poursuivre ma descente et commencer une pérégrination très sauvage et délicate, dans l'extraordinaire combe du Wormspel ... Pour cela, je quitte le sentier de crête sommital, parcourant les crêtes herbeuses dégarnies et exposées à tous les vents, au profit d'un étroit sentier de pente, décrivant des épingles à cheveux descendantes très prononcées, difficiles à négocier ! C'est à partir de maintenant, que l'aventure très sérieuse, peut enfin commencer ...
Je me trouve ici, au sein d'un tout autre monde : celui des pentes sans fin, de la végétation exubérante, des rocailles aériennes aux formes acérées, des chamois vosgiens, etc ! D'innombrables petites sources, aux débits curieusement très élevés et réguliers, parsèment les pentes, pour donner naissance à de multiples ruisseaux d'eau pure et glaciale, dégringolant les pentes raides avec une facilité déconcertante et une beauté inouïe ... Le bruit de ruissellement de ces eaux limpides, me fait chavirer de plaisir, de jouissance : je sens la nature vibrer, chanter, danser, hurler, etc ! Bref, y'a de la vie ici, même si je dois l'avouer, l'endroit s'avère reculé, très sauvage et difficile d'accès ... En cours de descente, je bénéficie encore de quelques vues idylliques, sur le lac du Schiessrothried (que je rejoindrai un peu plus tard, dans la suite du parcours). Après avoir traversé des portions de sentier excessivement raides et rocailleuses, ma progression finit par rentrer sous couvert forestier et ledit sentier devient plus large et confortable, plus aisément praticable ! Je n'ai malheureusement pas réussi, à apercevoir des chamois ... Le symbole du triangle bleu, que je dois suivre, n'est pas fréquemment placardé sur les troncs d'arbres, je dois donc faire très attention, à emprunter le bon tracé ! En me retournant face à la montagne, je contemple l'immense étendue, du rude travail de marche, que j'ai déjà accompli : l'ensemble de la combe du Wormspel s'offre à mes yeux, qui restent en extase, face à une telle majesté, face à un tel décor ! Je me croirai presque dans les Alpes : la ressemblance est très frappante ! Je me prends bien le temps, d'arrêter le temps qui passe, histoire de savourer pleinement, ce grand moment de solitude et de spectacle naturel et sauvage ... Je me sens bien, j'emmagasine des ondes telluriques positives bienfaisantes et réparatrices, énergisantes ! Je me recueille pour méditer et oublier tous les petits tracas de la vie quotidienne ... Je passe bien une bonne demi-heure, à contempler cet extraordinaire cirque glaciaire du Wormspel, au sommet duquel trônent encore, quelques névés de neige grisée ! Il est quasiment 13H30, quand je tombe sur la digue du lac du Schiessrothried (altitude : 930 mètres), après avoir entamé une dernière portion de sentier, particulièrement abrupte et pierreuse ... Soleil et nuages se partagent le ciel.
Je connais bien le lac du Schiessrothried, mais il ne s'agit pas de mon lac vosgien favori (mon préféré, c'est celui du Fischboedle, minuscule et pourtant situé juste en contrebas du Schiessrothried ! ). Hormis le Fischboedle, j'apprécie également le lac d'Altenweiher (situé lui, au pied du Kastelberg et dans le sauvage vallon du Kolbenwasen ... ). Le Schiessrothried est desservi par deux sentiers de grande randonnée (appelés GR ! ), à savoir le rectangle rouge (5) et le rectangle bleu (531) ... Ceci a comme conséquence logique, de rendre l'endroit surfréquenté et particulièrement bruyant, désagréable ! Les gosses qui piaillent et qui se châmaillent sans arrêt, les parents qui gueulent pour un rien : j'ai une satanique horreur, à ce que des gens ignobles et inconscients, perturbent de la sorte des sites naturels aussi beaux, accueillants et hospitaliers ... Le Schiessrothried est une étape clé, de la montée au sommet du Hohneck, via le célèbre GR5, par la vallée de Metzeral et le lac de Fischboedle. Je ne perds donc pas mon temps ici, les nuisances sonores étant beaucoup trop fortes pour mon égo ! Je jette juste un petit regard, au sommet des montagnes, pour voir surgir les spectaculaires dentelles granitiques des Spitzkoepfe : il s'agira en fait, de ma prochaine grosse étape, après avoir déjà visité le cirque glaciaire du Wormspel ! Je sais pertinemment bien, que je suis un peu inconscient et déjanté dans ma petite cervelle, mais je suis fermement décidé, à retenter cette incroyable ascension rocheuse (je l'ai déjà effectuée une fois en solo, en juillet dernier - 2009 ! ) ... J'espère seulement, qu'il n'y aura plus de neige, de corniches instables, ou d'autres ponts de glace ! C'est ce que je verrai sur le terrain, dans une bonne petite heure ...
Je quitte donc le bruyant lac du Schiessrothried, afin de prendre le GR531, rectangle bleu, en direction de la chaume du Kerbholz et du vallon de l'Ammelthal. Le sentier monte durement dans la forêt et décrit plusieurs lacets assez serrés. Dans le fond de la vallée, j'entends les bruissements des cascades, tombant dans le bucolique et solitaire lac du Fischboedle ... Après un bon faux-plat plutôt éprouvant, je parviens au belvédère du premier Spitzkopf (1021 m), avec un panorama plongeant mortel, sur cet extraordinaire lac glaciaire du Fischboedle (altitude 794 mètres), ainsi que sur la vallée de Metzeral ! Sur ma droite, je fais face avec l'ultra sauvage vallon de l'Ammelthal et la croupe très dodue, du Kastelberg (altitude maxi : 1350 mètres ! ). Les derniers névés sont encore visibles, je suis au comble de l'émerveillement ! Un trou perçant l'épaisse forêt, m'indique l'endroit, où se trouve la chaume pittoresque du Kerbholz (altitude 1073 mètres). Je profite du banc reposoir en place ici, pour grignoter quelques barres céréalières énergétiques (reprise de forces nécessaire, hein ! ). Le silence est lourd, presque effrayant, mais tellement bienfaisant et réparateur ... Je me sens comme coupé du reste du monde, dit civilisé : le contraste avec le tout proche lac du Schiessrothried, est absolument saisissant ! Il est environ 14H30, quand je quitte le belvédère du premier Spitzkopf. Maintenant, je rebrousse chemin (euh, sentier ... pardon ! ), pour effectuer un petit aller-retour via un minuscule sentier, le long de la paroi Sud des Spitzkoepfe ... Ici, c'est le royaume de la démence et du gigantisme : les parois granitiques, très sévèrement aériennes et travaillées, atteignent jusqu'à 120 mètres de hauteur totale ! Pourtant, aucune trace d'anneau métallique fiché dans la roche : les grimpeurs seraient pourtant aux anges, ici ... Mais c'est beaucoup trop risqué, du fait des éboulements de pierres et des glissements de terrain permanents, à n'importe quelle saison de l'année ! Etant seul au monde, je m'avance sur les éboulis instables, avec une précision chirurgicale : je n'ai pas le droit à la moindre erreur, qui pourrait m'être fatale ! Pourtant, ce sentier de dingues est bien celui du GR531 (rectangle bleu) : les multiples balises peintes en bleu sur le rocher, le prouvent ... Je ne rencontre pas le moindre chat, le silence est monacal ! Ces parois granitiques sans fins, me font tourner la tête et mes yeux ne savent plus, où donner de la ... tête !!!
J'ai désormais atteint, le point de rupture de la pente, l'endroit exact où débute l'ultra dangereux pierrier des Spitzkoepfe ! Prudence oblige, je préfère mieux stopper là, afin d'éviter la survenue d'un accident tragique ! Le risque d'éboulement et de glissement de terrain est excessivement élevé, j'en ai pleinement conscience ! Je me retourne une dernière fois face à la paroi grise, histoire de la photographier sous plusieurs angles différents (sensations fortes garanties !!! ). Je suis pétrifié comme une statue, en contemplant cette phénoménale muraille granitique, s'élever si durement vers les cieux divins ... La hauteur totale de l'ensemble, atteint quelque 120 mètres, soit le record absolu de tout le massif vosgien ! Je rebrousse chemin (enfin, sentier, héhéhé ! ), pour retomber au niveau du premier Spitzkopf (observatoire panoramique). Le précipice boisé sis sur ma droite est abyssal, absolument terrifiant : heureusement que je n'ai pas le vertige ! Il est désormais temps, de prendre une décision cruciale, pour la suite de mon parcours : vais-je retourner au lac du Schiessrothried puis remonter au Hohneck via le rectangle rouge, ou bien, vais-je tenter une seconde fois dans ma carrière de randonneur, la mortelle ascension des dentelles des Spitzkoepfe ? Personnellement, j'opte pour la seconde option, qui s'annonce beaucoup plus excitante, sensationnelle, sauvage, ... Il est bientôt 15H00 et le temps commence à passer très vite, je trouve ... Le plus dur va commencer, maintenant !!!
ASCENSION DES DENTELLES DES SPITZKOEPFE : UN TRUC DE OUFS !!!!!
C'est en me retournant face à la montagne, au niveau du collet du premier Spitzkopf, que je vois d'emblée, l'immense étendue de la tâche, que je devrai accomplir, pour poursuivre ma boucle pédestre ! Les pentes sont excessivement droites et raides, recouvertes d'un épais tapis de feuilles mortes (attention, danger : risques énormes de glissades et de chutes ! ). Une étroite sente piétinée, m'indique le meilleur cheminement à suivre et surtout, à négocier (ce ne sera pas toujours facile ... ). Pour pouvoir repérer plus ou moins correctement ma progression pédestre, des vieilles pastilles rouges sont encore visibles, sur certains troncs d'arbres stratégiques ! Mes jambes ainsi que mon souffle, sont mis à très rude épreuve, je commence déjà à saliver et à tirer la langue jusque parterre (quand je pense, que je ne suis qu'au tout début, de cette infernale ascension, en solo de surcroît ... ) ! Une fois la raide pente gravie, je reprends mon souffle quelques instants (mon coeur bat à fond les gamelles ! ) et je poursuis mon ascension, en longeant la face Nord des Spitzkoepfe (la plus sombre et humide). La sente de piétinement devient exagérément étroite, pour aller jusqu'à former une corniche très aérienne ... Le vide visible sur ma droite (boisé), me donne des frissons dans le dos et me glace le sang coulant dans mes veines d'aventurier ! Heureusement, ça finit par se calmer assez rapidement, en prenant toujours un peu de hauteur supplémentaire ... Un premier palier, confortable, m'offre un panorama explosif, sur la belle vallée de Metzeral, dominée au fond, par le Schnepfenried (1258 m) et le Kahlerwasen (1272 m). Je prends bien le temps, d'admirer cette vue plongeante dantesque. Par la suite, je continue à longer la face Nord, avec toujours cette sente piétinée, côtoyant d'inquiétants précipices boisés, instables ! Les rochers se font de plus en plus imposants, au fur et à mesure que je grimpe. Plusieurs étranglements herbeux, coincés à chaque fois entre deux rocs, m'autorisent des accès aux dalles sommitales, avec des crêtes rocheuses déchiquetées monumentales et des panoramas à devenir blanc comme un Aspro ! J'effectue certaines grimpettes très techniques, histoire de goûter à cette nature extraordinaire, riche et sauvage à l'extrême ... Je suis pris de crampes atroces, mon organisme est entrain de bouillonner sévère ! Mais une surprise de taille, me tend les bras, au niveau d'un nouveau palier : je fais face avec une fantastique tour granitique, très fine et élancée comme une cathédrale vers les cieux divins ! Il s'agit de ce que les alpinistes locaux, appellent " LITTLE MATTERHORN " ! On se croirait presque dans les Alpes, tellement le site est escarpé ... Plus haut encore, sur ma droite, je trouve un plateau rocheux, relativement plat et donc plutôt confortable : les pierres dénudées me proposent là, une halte salvatrice, fort bienvenue (après en avoir immensément bavé, en montant ! ). Les Spitzkoepfe me proposent ici, un panorama herculéen, sur le cirque du Wormspel, le lac du Schiessrothried (tâche bleue dans le fond du vallon ... ), le Petit et le Grand Hohneck ! Le spectacle est garanti, les sensations fortes itou ! C'est ici, à 1240 mètres d'altitude, que je prends ma pause " 4 HEURES " : le pied, c'est qu'il est exactement 16H00, sans faire exprès ! Boissons et barres énergétiques, j'ai un réel besoin de recharger mes batteries ... Je reste assis là, en pleine séance de méditation et de recueillement, pendant une très longue mais fort agréable demi-heure ... Je suis seul au monde et il n'y a pas un soupçon de bruit ! Ceci pourra paraître effrayant pour la plupart d'entre vous, mais moi, j'y suis habitué et çà me fait le plus grand bien ! La suite du parcours, très athlétique, bascule sur le versant Sud des Spitzkoepfe, après que la sente piétinée ait atteinte un collet, très profondément coincé entre deux séries de rocs ... La descente est rude et se pratique sur un pierrier instable (danger ! ). Peu après, virage serré en montée, à droite, pour rejoindre un entonnoir ascendant (montant). Les pastilles rouges présentes sur certains rocs, me montrent la voie à suivre ! Je zig-zague tant bien que mal, parmi les innombrables éboulis instables et aussi, parmi d'épaisses herbes montagnardes. De gros monolithes granitiques me dominent à droite, la ressemblance avec le Hoggar saharien, est frappante ! Il me reste une dernière grosse pente à gravir, au milieu des herbes drues du cirque de l'Ammelthal. Au cap plein Sud, face à moi, s'ouvre le dodu sommet dégarni du Kastelberg (alt. 1350 m ! ). Encore quelques rochers à contourner et à passer (petits sauts par-dessus ! ), puis je déboule sur le sentier des névés (plus jaunes), à 1290 mètres d'altitude ... La perspective sur le Hohneck est fracassante ! Aussi, je trouve sous mes yeux, les derniers névés des Vosges (neige en corniches, grise, sale, prenant beaucoup de temps à fondre ... ). Après deux bonnes heures de varappe et de pseudo alpinisme, j'ai finalement réussi haut la main, cette ô combien sauvage et sportive ascension des Spitzkoepfe ! J'en suis tout spécialement fier et je n'hésite pas à faire quelques pas en direction du Kastelberg, afin d'avoir une meilleure idée, de ce dont à quoi je me suis frotté ... La vue générale de l'arête des Spitzkoepfe, est à couper le souffle : quel décor alpin jouissif, sérieux !!!!!
Il est presque 17H30, quand j'arrive sur la route des crêtes, au pied du Hohneck (alt. 1248 m), après être passé par le collet du Wormspel (alt. 1280 m). J'en profite pour m'arrêter un petit quart-d'heure, histoire de me prendre une boisson bien fraîche, revigorante et d'effectuer une petite commission bien pressante ! La remontée au sommet du Hohneck, je la fais non pas par la route en lacets (trop bruyant et dangereux avec les voitures), mais par l'impressionnant sentier des névés. En une vingtaine de minutes, j'atteins le sommet et ma voiture ! Ca y est, la grande boucle est bouclée, mais moi, j'ai faim ! Je délaisse le sommet dénudé du Hohneck et son hôtel-restaurant bruyant et ultra fréquenté ... Il est déjà 18H00 et mon ventre crie famine ; ainsi, décide-je d'aller à pied, jusqu'à l'auberge du Schiessroth (alt. 1142 m). Je téléphone au patron, pour être sûr d'avoir une place en venant ! La descente entre le Hohneck et le Schiessroth, passe par le collet du Schaefferthal (ancienne ferme). Je perds de nouveau, 200 mètres d'altitude (que je devrai malheureusement remonter, ce soir ... ). Le vent est agréable, l'odeur de tourbe également, mais le sentier rocailleux beaucoup moins : bonjour mes jambes (chevilles et mollets ! ). Je passe sous les rochers du Petit Hohneck et je jouis d'une superbe vue, sur ma droite, sur le Kastelberg et ses derniers névés. Les tintements de cloches m'indiquent, que je suis bel et bien arrivé, à l'auberge du Schiessroth, avec ses volets rouges très caractéristiques. Il est 18H30, quand je franchis le pas de la porte et que le patron me reçoit ! Je prends place aussitôt, afin d'enfin reposer mes jambes, chaudes et lourdes, après cet incroyable périple ... Le patron, très sympa, m'a choisi une table donnant directement, sur la vallée de Metzeral : quelle vue splendide ! L'auberge du Schiessroth compte environ 80 places couvertes, plus une petite terrasse en été. Elle comporte aussi une petite exploitation montagnarde (vaches), pour la fabrication du lait et du bargkass. Personnellement, pour le dîner, je choisis le repas marcaire traditionnel, à savoir : collet fûmé et roïgebradeldis, tourte de la vallée de Munster et siasskass sucré en dessert ! Pour même pas 20 euros le tout, j'ai bu et mangé (pas d'alcool, ndlr ! ) : que demander de plus, hein ? Ce repas, très copieux, me rappelle d'excellents souvenirs, lorsque je l'avais goûté pour la toute première fois, l'année dernière, en été 2009 (à la ferme-auberge du Kastelbergwasen ... ) ! Il est quasiment 20H00, quand je quitte l'auberge du Schiessroth et le soleil est déjà rasant à l'horizon ; il fais beaucoup plus frais d'un coup ... Il me faut encore remonter jusqu'au Hohneck, via le GR5 rectangle rouge ! Je m'exécute donc et je presse le pas, car je sens une lourde fatigue m'envahir doucement, mais sûrement ... Je ne perds pas mon temps et je trace comme une flèche, jusqu'au collet du Schaefferthal (sentier très rocailleux, désagréable pour les jambes ! ). La dernière montée est difficile pour le souffle, lorsque soudain, en pleine pente, j'aperçois un chamois : je me place comme il faut et je le cadre dans mon objectif ! Il s'agit là, d'une première exclue !!! Photographier un chamois est une tâche ardue, quasiment impossible à réaliser et pourtant, je l'ai accomplie ce soir, à 20H15 précises ... Un véritable exploit, qui clôt en toute beauté, ce fabuleux circuit de randonnée sportive, sur l'un des sites naturels et sauvages les plus excitants des Hautes-Vosges (les Spitzkoepfe) ! Il est 20H30, quand je rejoins ma voiture au sommet du Hohneck ... Plus un chat à l'horizon, le sommet est anormalement calme, silencieux : une rareté, de voir le Hohneck ainsi ! Je jette un dernier regard sur le panorama envoûtant, en embrassant toute la vallée des lacs de Gérardmer. Je rentre chez moi, à Mertzwiller, aux alentours de 22H45 (je sais, c'est très tard ! ), bien fatigué mais ravi, d'avoir effectué cette toute première randonnée des Hautes-Vosges, pour l'année 2010 ...
LE CIRQUE DU WORMSPEL ET LE LAC DU SCHIESSROTHRIED.
LES DERNIERS NEVES DU KASTELBERG.
DANS LE CIRQUE GLACIAIRE DU WORMSPEL ...
AMBIANCE PRINTANIERE AU SCHIESSROTHRIED ...
VUE GENERALE DES SPITZKOEPFE DEPUIS LE SENTIER DES NEVES !!!
MON LIEU DE DINER : L'AUBERGE DU SCHIESSROTH !
AU MENU DE MON DINER, CE SOIR : DU SIASSKASS MAISON !
AU RETOUR, GROSSE SURPRISE : UN CHAMOIS ! SUPER RARE !!!!!